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La joie

 

La joie des rencontres, surtout quand nous n'avons pas revu la personne depuis longtemps.

La joie dans nos coeurs, quand un bébé nous sourit.

La joie d'écouter en symbiose un groupe dans le Stade de France.

La joie de danser un slow dans les bras de l'homme qu'on aime,

La joie de découvrir un panorama grandiose d'une splendeur incomparable.

La joie de jouer en famille et amis où les rires et les vannes fusent !

La joie de retrouver un animal qu'on croyait perdu.

Mais certainement la joie la plus intense, c'est de faire enfin la connaissance de son enfant après l'accouchement, ce jour-là j'ai eu des larmes de joie.

                                                                                                                        EM - en direct de l'atelier, mai 2021

 

* * *

Evasion 

 

Tout d'abord, je m'assieds, non pas sur une simple chaise mais sur un fauteuil en forme de fer à cheval avec des accoudoirs assez hauts; celui qui me permet de garder un livre en hauteur pour lire. Aujourd'hui, je pose mes avant-bras sur ses bords. Je ferme mes yeux, et me voilà partie dans un délire : mon siège semble basculer en arrière, mon coeur s'emballe, un sourire pointe sur mon visage, l'adrénaline de ce départ fait bouillir mon sang, le plaisir de bientôt vivre l'inconnu, de découvrir de nouveaux lieus, de m'imprégner de différentes cultures, de plonger peut-être dans des océans paradisiaques. Un moment de douces sensations que ce décollage virtuel en avion !

 

                                                                              EM-atelier virtuel coronavirus, avril 2020

 

* * *

 

* Ecrire c'est faire de la musique ...

pour parfaire notre partition du langage 🎼

 

EM-en direct de l'atelier, novembre 2019

* début de citation de Nicolas Bouvier

 

* * *

 

La prune à tout faire

 

Je ne compte pas pour des prunes !

 

J'apprécie d'être cuite en confiture ou en
                                                                compote,

                       

Crue, je me laisse croquer sous vos dents,

 

En jus, je suis votre alliée de votre transit
                                                                intestinal,

 

Au jeûne genevois, je me pose en rosace sur
                                                                une tarte,

 

Dans un bocal, je me métamorphose en une
                                                         bonne liqueur

 

Et trop mûre, je me retrouve en coulis sur un
                                              gourmand riz au lait.

 

Alors ! Vous ne trouvez pas que je ne compte pas pour des prunes ?

 

EM-en direct de l'atelier, octobre 2018, mon animation "Fruits/Légumes" (mini-tableau personnel)

 

***

 

Création d'un abécédaire que j'ai intitulé  " éMOTions de voyage ",

fil rouge de l'année 2017 / 2018 de l'Atelier d'écriture,

dont voici la lettre K comme Koala. Partage :

 

Un des animaux australiens, emblématique de la "Rainforest",

ne dormait pas comme ces congénères.

Nous sommes dans la nurserie d'un zoo et avons

découvert un petit bien lové à l'intérieur de la

poche de sa maman.

Tendre vision !

 

(photo personnelle  - Australie 2015)

 

***

 

La liberté n'est qu'une utopie dans ce nouveau monde numérique !

 

EM - en direct de l'atelier, avril 2018 / Mon animation sur "Citations" : La liberté ...

 

***

 

Ombres sur mon chemin

 

Au clair de lune, je me promène. Sur mon chemin, les arbres dénudés projettent leurs ombres. Leurs branches entremêlées ondulant dans le vent font naître une ambiance maléfique et je ne serais pas surprise de croiser une sorcière sur son balai. Plus le chemin s'allonge, plus les histoires lues et vues se rappellent à mon souvenir. Des frissons parcourent mon corps, mon regard s'attarde sur chaque tache sombre et les bruissements me font sursauter. Ma mémoire me joue des tours, la balade du soir se change en film d'épouvante, s'amusant avec mes nerfs. Soudain, un chat noir traverse le chemin, s'arrête net et me regarde avec ses yeux d'or luisant dans la nuit. Serait-ce Lucifer en personne ? "Il porterait bien ce prénom ce chat-là" me dis-je intérieurement. Peut-être a-t-il lu dans mes pensées et n'a-t-il pas apprécié ce prénom que je viens de lui donner car le voilà s'avançant vers moi d'un air agressif, poils hérissés. Mon sang ne fait qu'un tour, je cavale en sens inverse vers la maison.

 

EM - en direct de l'atelier, novembre 2017 / Mon animation sur "Ombre"

(photo personnelle 2009)

 

***

 

Vue sur l'esprit, vue sur les sentiments

et oublions la carapace !

 

EM- en direct de l'atelier,  juin 2017

mot clé : Vue

 

***

 

L'information,

On la lit d'une oreille

On s'y plonge avec plaisir ou non

Mais quelquefois on y perd son insouciance.

 

EM - en direct de l'atelier, avril 2017

mot clé : information

 

***

Voyage d'encre

 

A l'encre chinoise, je vois les danseuses Tang, pleines de grâce, faisant tournoyer leurs longues manches dans une danse céleste et graphique.

A l'encre australienne, je vois les points colorés sur les tableaux des aborigènes.

A l'encre belge, je vois les traits humoristiques des personnages de BD.

A l'encre espagnole, je vois la robe rouge onduler dans la danse fougueuse et passionnée du Flamenco.

A l'encre suisse, je vois les cimes des montagnes découpées au ciseau, une ligne interminable au-dessus des chalets et des vaches.

etc.

EM- pour l'atelier novembre 2016 / Mon animation sur "L'encre"

(photo personnelle - Chine 2013 )

***

 

Plein les yeux !

 

Le Sri-Lanka, certainement l'un de mes voyages préférés. Cette île tropicale ne trahit pas son nom de "Perle de l'océan indien". Ses paysages variés me l'ont prouvé tout au long d'un circuit de dix jours, passant de montagnes couvertes de plantations de thé, de rizières à perte de vue, de plaines aux couleurs ocres, de jungles touffues à des plages de sable magnifiques avec leurs palmiers.

Mais le souvenir le plus signifiant fut la visite de Sigîrya, appelé aussi Rocher du lion, rocher impressionnant au-milieu d'une végétation luxuriante. Heureusement, c'était tôt le matin que notre guide nous demanda d'y grimper, quelques 200 mètres avec 800 marches, quand le soleil était encore bas et la chaleur supportable. Ce n'était pas un escalier mais plusieurs, à des endroits différents, aux marches inégales en pierre ou métalliques auxquelles il fallut s'attaquer mais également des passerelles en fer, souvent étroites, perchées sur le vide; ne pas avoir le vertige ! La dernière montée fut un calvaire. Même après une petite pause sur une terrasse entre les grosses pattes du lion aujourd'hui sans tête, mon coeur battait la chamade, il me semble même qu'il sortait de mon thorax. Arrivée tout en haut, la température était alors devenue suffocante et le soleil frappait fort. Mais la vue grandiose à 360 degrés que je découvris me fit oublier mes efforts et mes souffrances. Le monde était à mes pieds comme jamais je n'ai eu l'occasion de le connaître ailleurs. Je me suis imprégnée au plus profond de mon être de cet endroit extraordinaire !

EM- en direct de l'atelier novembre 2015

(photo personnelle - Sri Lanka 2006. Votre voyage préféré !)

*** 

En octobre 2014, ma première animation que  j'ai eu l'occasion d'animer sur le thème "Ecriture, images et photographies". L'idée est de s'inspirer d'une photographie ou image pour écrire, soit des poèmes ou des textes courts.

L'un d'eux consitait à amener une image / photograpie insolite et écrire une petite histoire, dont voici ma version :

 

Insolites !

Les japonais, un peuple esthète jusqu'au bout des doigts, jusqu'au bout de leurs bouches d'égouts. En marchant dans différentes villes, partout sur le sol, elles sont joliment dessinées en relief, certaines sont même colorées. A Tokyo, mégalopole tentaculaire, ils ont choisi un emblème simple, celui d'une fleur, mais ailleurs les dessins représentent un monument de la ville, comme par exemple le château d'Himedji, ou un animal, un cerf qui déambule librement dans l'enceinte de l'ancien temple de Nara. La bouche d'égouts de Okayama m'a interpellée et je n'ai pas compris les symboles de cette ville, soit un singe, une jeune fille, un loup et un oiseau.

Mais personnellement la plus belle, c'est celle d'Hiroshima, avec le vol des grues en bleu et blanc. C'est une histoire pleine d'espoir qui l'a inspirée, celle d'une petite fille touchée par la bombe atomique et qui lors de son combat contre la leucémie, avait décidé de fabriquer mille grues en papier, représentant la longévité, espérant ainsi guérir; ce qui ne fut malheureusement pas le cas et elle ne parvint pas au bout de sa tâche. Depuis c'est devenu une tradition qui se perpétue et tous les enfants japonais viennent dorénavant une fois dans leur vie, lors d'une course d'école dans cette ville, amenant avec eux leurs bouquets de grues en origami qu'ils accorchent à côté du Monument de la paix des enfants.

 

                                                                                              EM - en direct de l'atelier octobre 2014

IMG_0398---Version-3.JPG

(photographie personnelle, Japon 2008)

* * *

Partage d'un petit texte lu lors de mon expositon "Voyages-images, la suite" le 10 mai 2013 (voir également colonne de gauche) sur le thème "Images de voyage" :

 

Choses ...

 

Chose claire et pure, la rivière qui serpente la vallée alpine (Col du Nufenen, Suisse).

 

Choses fugitives, les cristaux de glace qui s'accrochent aux carreaux du chalet (Les Diablerets, Suisse).

 

Chose qui donne un vertige d'émerveillement, se retrouver la tête dans l'immensité de l'univers (Planetarium de New York, USA).

 

Chose qui impressionne, le bruit sourd des chutes du Niagara (Canada).

 

Chose désolante, découvrir une décharge à ciel ouvert (Gozo, Malte).

 

Chose surprenante, un corbeau qui vous précède en volant devant votre voiture et qui vous arrête aux arrêts touristiques ( Forêt pétrifiée, USA - ma photographie 2011 )

 

                                                                                          EM - en direct de l'atelier 2008 (et 2011)

                                                                                                

IMG 4699

* * *

Texte inspiré du thème "Automne en feu", festival du Centre d'animations pour retraités / Genève (voir également colonne de gauche).

Lecture avec mon Atelier le 8 novembre 2012 dans une yourte :

 

Nostalgie

Cela fait bien longtemps que cette idée - un brin saugrenue - lui trotte dans la tête. La voilà marchant cahin-caha jusqu'au tiroir de sa vieille commode dans sa chambre à coucher dont elle sort un album jauni par le temps. Arrivée avec peine à la table de sa cuisine, elle y dépose l'imposant album de son enfance et se pose lourdement sur l'unique chaise. Elle feuillette les pages à la recherche d'une photographie en noir et blanc. La voici ! Elle la sort délicatement de ses quatre coins et pousse l'album, dorénavant inutile devant elle. Un instant, elle redécouvre les deux personnages tant aimés posant avec plaisir devant l'appareil. Leurs traits et leurs habits sont restés intacts grâce à leur position centrale; seul le paysage a perdu de son panache et est devenu flou, il a même tourné au brun sombre dans les coins. Elle saisit la boîte de crayons de couleur déjà installée auparavant, l'ouvre et choisit tout d'abord la couleur bordeaux. Commence alors la longue et pénible tâche de dessiner une par une les feuilles des arbres. Quelques minutes plus tard, elle opte pour un jaune doré, un vert bouteille et un peu de violet foncé. La forêt environnante reprend vie autour de l'heureux couple, redonnant de la gaité à cette image devenue triste avec les années. Un sourire satisfait s'étire sur les lèvres de notre artiste. Les souvenirs lointains de cette journée mémorable à ses yeux se ravivent. C'était bel et bien un beau jour d'automne 

 

                                                                             EM - novembre 2012

* * *                                                              

 Le monstre de mon enfance

Maman vient tout juste de sortir de ma chambre, laissant derrière elle la porte un peu ouverte pour que la lumière du couloir m'éclaire. Oui ! J'ai peur dans la nuit, plus encore depuis que ce bruit étrange apparaît le soir. Voilà que ce "tac, toc" s'entend déjà à un mètre de mon lit. Comme des pas, ça se rapproche et devient de plus en plus fort. Maman a beau dire, pour me rassurer, que c'est le radiateur qui fonctionne mal et qu'il va être réparé demain, mais ! s'il fonctionne mal c'est à cause du monstre qui bouche le tuyau et, le petit trou que j'ai vu au coin du radiateur, c'est la sortie !

Rien que d'y penser, je me recroqueville en boule, en tirant le drap et la couverture tout autour de moi.

MonstreBlog

 

Je prends soins de les bloquer sous mes mains et mes genoux ne laissant aucuns coins libres pour une visite. C'est la troisième nuit que je répète les mêmes gestes et que je m'endors dans cette cage de tissus. Mais il revient toujours, à la même heure ! Cette fois-ci, je lui ai préparé une surprise. J'ai ramassé durant la journée de gros cailloux que j'ai posés en rond tout autour des quatre pieds du lit. Il aura du mal à grimper par-dessus, même une fourmi ne passerait pas. Tiens ! Le "tac, toc" devient plus faible, les pas semblent repartir dans le sol. Peut-être a-t-il lu dans mes pensées ou a-t-il vu mes murs impénétrables ? J'attends un instant, l'oreille aux aguets, il peut toujours changer d'avis. C'est bon ! Je me déroule, remet le drap et la couverture en place et me couche. Il paraît que Maman est venue guigner quelques minutes après, comme à son habitude, mais je dormais déjà !

 

Dessin : Gilles Calza                                                  EM - Février 2010

* * *

Le pinceau et la palette

 

Entre les doigts du peintre, un pinceau était conduit sur une petite toile. Vêtu de rose, il caressait la joue d'une petite fille. Avant d'atterir sur le visage enfantin, il avait aperçu le modèle original à demi caché par le tableau. Le pinceau était en accord avec la main du Maître et faisait volontiers le ping-pong entre le canevas et la palette quand soudain, suite au passage dans la couleur brune, le pinceau se révolta. Il n'en voyait pas du tout l'application dans ce décor et dériva sur la couleur verte, toute proche. Celle-ci s'écria :

"Ah non ! Tu n'obéis pas aux aspirations du Maître, Gare à toi !"

Et voilà que le pinceau repartait à l'assaut de l'oeuvre. A peine avait-il mis son extrémité verte que le peintre hurla :

"Calamité" et de colère, écrasa le pinceau sur un bord de la palette, aplatissant ses poils en une corolle verte.

"Trop tard ! Je t'avais prévenu !" murmura la couleur verte "le pinceau n'a pas droit au choix. Il est le simple prolongement de l'artiste !"

                                                                        EM - en direct de l'atelier décembre 2011

                                                                             écrire une fable

* * *

J'ai l'idée d'écrire un livre pour les plus grands avec pleins de petites histoires INSOLITES

dont en voici une en exemple :

Sombre destin

VienneBlog.jpg

Ce n'était qu'un gitan parmi tant d'autres, assis sur une marche du parvis de la cathédrale. A quelques mètres de lui, je distinguais mal son visage caché par un vieux Panama noir. D'ailleurs tous, ses habits, sa chevelure et même sa peau étaient noires. Il dégageait une impression malsaine qui ne me disait rien, pourtant je me sentais attiré comme un aimant par cet homme. En m'approchant de lui, je remarquais au-dessus de sa tête un relief représentant un petit diable semblant me sourire.

Ma main chercha quelques pièces dans ma poche, le gitan "décrocha" son Panama à la vue des sous, ne me laissant voir que ses abondants cheveux noirs jais. Toujours cette sensation étrange ! Enfin, il dévoila son visage, je remarque tout d'abord son sourire qui se transforma en un rictus carnassier. La peur m'envahit aussitôt, tétanisant tout mon corps. Je croisai alors ses yeux, c'étaient deux trous noirs qui m'aspiraient et m'envoyèrent dans le monde des enfers.

 

                        EM-Septembre 2009 (photographie personnelle - Vienne 2008)

* * *

Fan de ...

Quand, à l'Atelier, on nous a dit "d'habiter" un tableau pour réaliser le prochain devoir, j'ai tout de suite penser à toi. Mais je devais en avoir le coeur net, car cela fait déjà quelques années que je suis venue te rendre visite et j'ai gardé un souvenir indélébile. Voilà pourquoi aujourd'hui je suis en train de parcourir le labyrinthe fléché du Musée d'Art et d'Histoire de Genève, à ta recherche. A peine suis-je entrée dans la grande salle que je suis à nouveau impressionnée par ta taille et, sans aucun doute, par ton charisme. Tu portes tes habits d'été ! Ce beau vert bouteille qui te va tellement bien. Quelques grosses branches sortent par-ci, par-là comme pour respirer un peu sous ce chaud manteau. Je n'arrête plus de te regarder, comme une groupie en manque. Le jaune "pétant" des champs de blé tout autour de toi te fait ressortir au premier plan, te rendant encore plus imposant dans cette campagne. Je ne suis pas la seule à être à tes pieds, des moissonneurs ont pris place sous ton ombre, aussi petit qu'un mouchoir, car c'est midi. Leurs outils mis de côté, ils soufflent un peu ! Y en a qui dorment, d'autres discutent mais un jeune garçon, adossé à ton tronc, contemple le magnifique paysage ou peut-être se dit-il déprimé "Encore tout ça!". Il aura peut-être de la chance de s'arrêter là car des nuages gris semblent s'approcher, la pluie n'est pas loin. Je reste encore un petit moment devant toi, m'imprégnant de ton aura. Il avait vraiment du talent, ce Calame ! Je pourrais te toucher tellement tu sembles réel. Mais je n'oublie pas que tu n'es qu'une simple toile. C'est bien dommage !

C'est avec grand respect que je me retire mais j'en suis sûre, je reviendrai un jour.

 

ArbreCalameBlog.jpg

 

 T'es trop beauuuuuu !!!

 

"L'été" peint en 1850 par Alexandre Calame

( Vevey 1810 - Menton 1864 )

 

EM - pour l'atelier 2005

(photographie personnelle)

 

 

 

 

 

 

 

* * *

ParisBlog

 

Suite à concours d'écriture 2005 de la

Librairie-café Les Recyclables Genève

"Un goût de reviens-y"

On y revient toujours. A quoi ? A la nourriture. Laissez vos papilles se souvenir. Pressez à chaud et faites une pâte à lettres. Une fois la pâte levée, étalez sur deux feuilles. Soyez généreux en huile de pensée.

 

 

Le voyageur gourmand

 

Mon billet Paris-Brest dans la poche, j'arpente avec plaisir la rue du faubourg St-Honoré. Malheureusement rien n'est parfait dans ce monde ! Le temps se gâte, la pluie commence à tomber et les éclairs zigzaguent déjà dans le ciel. Ce n'est pas aujourd'hui que je vais bronzer comme une crêpe, pensé-je.

 

Je prends le parti de me réfugier dans un café, certainement tenu par un allemand vu les nombreux tableaux représentant la Forêt-noire et les châteaux bavarois. A ma gauche, une religieuse sirote un diabolo-menthe et à la table d'en face, un couple se bécote sans gêne. La Demoiselle en question est une excentrique avec les manières vaguement théârales d'une petite marquise d'opéra. Je m'assieds sur un banc en bois, peu confortable, et commande un chocolat chaud. Sa mousse onctueuse est une vraie merveille ! Cela ne va pas arranger ma brioche naissante.

 

Tout à coup, une femme entre et j'en déduis par sa prestance et son beau tailleur que c'est une diplomate d'une ambassade située non loin d'ici. Elle s'approche des amoureux et l'homme la remarque entre deux bisous. Quelle tuile ! semblent dire ses yeux agrandi par la surprise; "Charlotte !" finit-il par articuler. Commence alors une crise de jalousie, elle hurle et oublie toute réserve linguistique. Gênée, la "Marquise" pique un far. L'homme essaye pitoyablement de se défendre : "Mon petit chou à la crème ! ..." commence-t-il, mais son accent, certainement florentin et son mauvais français le rendent encore plus ridicule. La nouvelle arrivante crie encore plus fort : "Tu peux oublier les promesses de voyage en Macédoine" et cela dit, elle sort de son sac des brochures qu'elle envoie aussi net au visage du beau ténébreux.

 

Mille-feuilles s'éparpillent au sol et l'italien s'empresse de les rassembler, accroupi à quatre pattes. Vengeance suprême, elle lui écrase la main et un craquement horrible se fait entendre; ses cinq doigts sont incontestablement en compote ! Heureuse de son succès, le bourreau féminin esquisse un large sourire triomphant et sort sans un regard en arrière. La victime se retrouve comme deux ronds de flan, bouche bée, et se retourne vers sa maîtresse, espérant trouver du réconfort. Au lieu de cela, il reçoit une tarte monumentale et elle s'en va de la même façon que la première.

 

"Quelle banane!" me dis-je "il l'a bien cherché" et me prenant au jeu j'imagine sa tête si il trouve encore une bûche sur son pare-brise. Ce serait la cerise sur le gâteau ! Dans le café, personne ne dit mot, je paie et prends le chemin de la gare. Le soleil brille à nouveau et une pointe de nostalgie enserre mon coeur "Ah Paris, un goût de reviens-y !".

                                                                       EM-2005

                                                       (photographie personnelle : Paris, place de la Concorde)

 

* * *

Suite à un concours - Meyrin 2010

Imaginez votre nouvelle à partir de cette phrase "la serrure de la porte a été changée..."

 

La tentation

 Je me souviens de ce temps d'insouciance, des bons moments passés en la compagnie de mes grands-parents lors de mes vacances scolaires. Leur belle maison aux poutres en bois qui s'entrecroisent avait été construite par mon grand-papa, boucher de profession. Dans le grenier reposaient les jambons qui, arrivés à leur maturité, finissaient dans le réduit. La porte de celui-ci donnait sur ma chambre d'invitée, ancienne chambre de ma maman, et l'odeur de viande fumée y était habituelle.

GdPapaMaison-blog.jpg

Je me souviens que la seule douceur quotidienne était un verre de "Pépita", boisson sucrée aux pamplemousses, un brin d'exotisme avec les perroquets dessinés sur l'étiquette. Mes grands-parents étant de la vieille école, le sucre était banni et les desserts réservés pour des moments de fêtes ou des occasions spéciales. De temps en temps, grand-maman m'offrait exceptionnellement une barre de chocolat, sortie d'un tiroir de la cuisine, et la déposait sur une tranche de pain.

 

Je me souviens qu'un jour, une voisine est venue avec des paniers remplis de cerises noires de son jardin. Un vrai régal ! Vu la quantité, grand-maman a décidé d'en faire de la confiture et a aligné les pots dans le réduit. Les jours qui ont suivi, la confiture trônait sur la table au moment du petit déjeuner, avec du bon pain cuit au feu de bois. J'étais aux anges jusqu'à mon départ. Fin de belles vacances d'été !

 

Je me souviens de mon retour avec mes parents pour les fêtes de Noël en famille. Bien entendu, ils avaient apporté des boîtes de chocolat qui ont été déposées dans le réduit.

 

Je me souviens de cette nuit d'hiver; la porte du réduit et les gourmandises ne faisaient plus qu'un dans mon esprit. La salive et l'envie aidant, je me suis décidée rapidement. Je suis sortie du lit avec ma lampe de poche pour faire le moins de lumière possible, ai ouvert facilement la porte tenue par un simple crochet pivotant car la serrure était rouillée et la clé perdue depuis longtemps. Après avoir bien refermée derrière moi, j'ai enfilé ma lampe de poche entre deux linges de cuisine, juste de quoi éclairer les friandises tant désirées.

 

Je me souviens d'avoir commencé par une boîte de chocolat à deux étages, passant du massepain au chocolat gianduja, mon parfum préféré ! Etonnamment, cela ne m'a pas suffi et malgré la faible lumière, mon regard a accroché un pot de la fameuse confiture maison aux cerises noires sur l'étagère supérieure. Me voilà sur la pointe des pieds pour l'attraper, dévisser le couvercle et attaquer goulûment la marmelade avec un doigt en guise de cuillière.

 

Je me souviens d'avoir eu, le lendemain matin, un mal de ventre carabiné et d'avoir souri difficilement devant les adultes pour me faire pardonner ma bêtise. La porte du réduit était restée entr'ouverte, les restes noirâtres et collants du pot de confiture souillaient le sol, à côté du cadavre de la boîte de chocolat.

 

Je me souviens du médecin venu à domicile. Il semblait rire de mon état et m'a prescrit quelques jours de repos au lit, des repas frugaux, par exemple soupe et bouillon. La veille de Noël arriva enfin, j'avoue n'avoir pas touché aux desserts.

 

Je me souviens, lors de mes vacances de février, qu'en rentrant dans la chambre, mes yeux se sont posés sur la porte du réduit; une chose argentée jurait. J'ai compris, dépitée, que la serrure de la porte avait été changée.

 

EM-Juin 2010 ( châlet de mon grand-père, photographie de la Commune )

* * *

      Votre bête noire ?

Quand on parle de bête noire, on peut y voir un corbeau de mauvaises augures ou le mouton noir de sa famille ou dernièrement d'une affiche politique. Non, moi, je vous parle simplement de ma minette Isis, noire mais pas que : son pelage brille de santé et au soleil il miroite, passant de l'ombre à la lumière ... une beauté à couper le souffle. Alors pourquoi est-ce si péjoratif de parler de bête noire ? Il est bien dommage qu'on ait choisi cette expression pour déprécier une chose ou une personne. Les bêtes noires ne méritaient certainement pas cela !

 

EM - en direct de l'atelier novembre 2012

 

Isis à 11 ans

 

FIN

 

 

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